Pour résumer et être plus claire :
Les financiers grâce au pouvoir de création monétaire utilisent l'effet "levier" à fond pour spéculer sur les marchés financiers. Ce pouvoir est donc absolument central dans la crise actuelle. Sans ce pouvoir, pas de bulles financières et donc pas de crise. Lordon l'explique très bien.
En interdisant à l'état d'utiliser ce pouvoir de création monétaire pour soit disant lutter contre l'inflation, ils ont condamné l'état à emprunter "uniquement" sur les marchés financiers ce qui l'a obligé à payer des intérêts et a causé l'explosion de la dette publique.
Cette dette publique a été voulue pour plusieurs raisons :
- Ces financiers à travers les intérêts percoivent désormais une rente sur le dos de l'état ( et donc des citoyens ) c'est une sorte de redistribution des richesses des plus pauvres vers les plus riches. ( 40 à 50 milliards d'euros par an, 2eme budget de l'état )
- La dette publique permet à la droite, qui est de connivence avec ces financiers, et qui sert les intérêts de ces financiers, de convaincre les français que l'état n'a plus les moyens de financer des services publiques ou des retraites par répartition ou une sécurité sociale, et leur permet donc de justifier leurs politiques de démentellement de l'état et de privatisation des services publiques.
Et on peut se rappeller au début du mandat de Sarkozy les déclarations de Fillon en prévision des mouvements sociaux contre ses politiques de regression sociale qui expliquait que la France était en situation de faillite.
Ils veulent réduire l'état car les riches qu'ils représentent ne veulent pas payer des impots / car ils veulent "réduire les charges" des entreprises comme ils disent, le paquet fiscal en est l'exemple le plus caricatural.
Ils veulent privatiser les services publiques car à chaque service publique correspond les marchés les plus juteux qu'il soit possible d'imaginer vu qu'ils ont pour portée ( et donc comme clientèle ) la totalité de la population. Les flux d'argent brassés par les services publiques et qui vont des particuliers à l'état puis de l'état aux particuliers sont de l'argent qui pourrait être utilisé par les financiers pour spéculer sur les marchés financiers, ce qui représente pour eux des pespectives de profits considérables.
- La dette publique leur permet, en réduisant les marges de manoeuvre du gouvernement et politiquement en faisant pression sur l'interventionisme de ce gouvernement, de restreindre l'intervention de l'état dans l'économie que les libéraux jugent "forcément néfaste sur le long terme" y préférant l'auto-régulation de la fameuse main invisible du marché. En réalité ils ne veulent tout simplement pas que l'état intervienne dans leurs affaires. C'est un aspect du système mis en place pour permettre la concurrence libre et non faussée.
Il ne faut pas sous-estimer cette pression, on a pu le constater en 2007 quand avec l'aide des médias s'est déroulé une sorte de chasse au sorcière contre les programmes "couteux" et donc forcément "irréalistes" car trop "dépensiers" des différents candidats à qui on a demandé de "chiffrer" leurs programmes.
Si tout ceci n'arrive toujours pas à te convaincre que le débat sur la création monétaire est tout ce qu'il y a de plus prioritaire alors franchement je ne saurais pas quoi dire d'autre.
En récupérant le pouvoir de création monétaire, nous pourrions financer les dépenses d'investissement ( qui représentaient 60 milliards d'euros en 2007 ) et ainsi libérer 60 milliards qui couvriront largement les déficits et pourront servir à rembourser petit à petit la dette elle même par la même occasion.
Mais de plus nous pourrions dépenser plus si nous avons plus d'investissements à faire mais que l'on ne faisait pas par auto-modération à cause de la contrainte de la dette publique ( construction de logements ? d'hopitaux ? fibre optique ? centrales solaires ? )
Et dans le cadre de la création d'un service publique bancaire qui retirerait ce pouvoir de création monétaire du contrôle par des intérêts privés, nous nous protegerons à l'avenir contre d'autres possibles crises financières tout en restreignant considérablement le pouvoir néfaste de la finance.

